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Nouvelle représentativité : Le désintérêt des salariés est-il irréfragable ?

 

La nouvelle loi sur la représentativité syndicale a été votée le 20 août 2008. Beaucoup de salariés étaient à la plage, période propice aux évolutions législatives réputées plus indolores.

Depuis, ces mêmes salariés sont rentrés de la plage et y sont mêmes retournés pour certains d’entre eux l’été 2009, sans toujours, pour une immense majorité, n’avoir réellement pris, ni connaissance des modalités, ni surtout conscience des enjeux de cette nouvelle donne.

 

Des salariés peu conscient de l’enjeu constitué par l’élection de leur CE

Il est frappant d’observer comment, dans toutes les entreprises qui, à tour de rôle, organisent leurs élections professionnelles, la question de la représentativité nouvelle et pour certains des risques associés, agite le microcosme des fonctions RH et des organisations syndicales, dans l’indifférence quasi généralisée des collectifs de travail.

Les fonctions RH s’inquiètent, à juste titre, de la complexité de l’organisation des élections, avec notamment les risques contentieux liés au vote des sous-traitants ou encore de l’hypothèse du retour au travail de salariés susceptibles de perdre leur mandat.
Les organisations syndicales quant à elles, font leur calcul pour mesurer leur capacité à sauter largement ou à faire trembler la barre des 10 %, celles qui savent cet objectif hors de portée travaillent les alliances leur permettant d’essayer de sauver quelques mandatés, à défaut de pouvoir sauver des mandats.

Qu’en pensent les salariés électeurs de l’entreprise ? Comment mesurent-il les enjeux d’une élection qui va désormais fixer les règles de la représentativité ? Ont-ils en tête les accords d’entreprise dont ils bénéficient et qui ne seraient plus valables aujourd’hui avec la règle des 30 % ? Envisagent-ils, dès lors, et pour orienter leur vote, de demander aux organisations qui présentent des candidats ce qu’elles envisagent de faire, à l’occasion des NAO ou du renouvellement de l’intéressement ?
Que nenni.

Se concentrent-ils seulement sur l’élection elle-même, dont la représentativité syndicale n’est qu’un corollaire mais dont la finalité première est de constituer le comité d’entreprise ? Se focalisent-ils alors sur les projets en cours et à venir de l’entreprise, (réorganisation, évolution des emplois, enjeux de formation), que les élus du CE auront vocation à influencer et à infléchir à l’occasion de l’information consultation par l’employeur ?
Pas davantage.

 

La nécessité d’un effort pédagogique

La réalité est que la pauvreté de notre dialogue social réside d’abord dans le fossé qui s’est creusé entre les salariés et les différentes formes de représentation du collectif dans l’entreprise. Évidemment que le monde a changé et les salariés avec lui. Ils sont plus individualistes, relativisent davantage leur appartenance au corps social que représente l’ensemble des salariés et n’ont guère d’illusions, à l’exception de situations désespérées, sur ce que pourrait représenter aujourd’hui la notion de « coalition ».
Mais s’ils attendent si peu du dialogue social, c’est d’abord parce qu’on les y tient à distance. Combien de salariés ont une vision claire de ce qui fonde mais aussi distingue les rôles et prérogatives des délégués du personnel ou du CHSCT ? Combien d’entre eux perçoivent le comité d’entreprise comme autre chose que le « bureau vacances » pour reprendre le libellé en usage dans un établissement d’une grande entreprise (et de probablement beaucoup d’autres).

Nous sommes quant à nous convaincus qu’il n’y aura pas de revitalisation du dialogue social sans un effort pédagogique important, auprès des salariés, de la part des entreprises et des organisations syndicales, sur les attendus et les modalités de fonctionnement du dialogue social dans l’entreprise. Cela peut passer par des espaces d’information et de formation donnant une visibilité sur le rôle et sur l’action de chacun, cela doit aussi commencer par la volonté des protagonistes de ne plus s’accaparer le dialogue mais de le rendre aux salariés, par une communication claire sur ce qui est dit et ce qui est fait dans les différentes instances. C’est la condition pour (re)donner envie aux salariés, non seulement d’aller voter, mais également de s’engager dans des mandats, pour contribuer à la régulation sociale et non seulement défendre des intérêts individuels ou se protéger. C’est surtout la condition pour que la représentativité syndicale, qu’elle soit irréfragable ou mesurée à hauteur de 10 %, ne se limite pas à son habilitation juridique « à parler et agir au nom de » mais devienne une réelle capacité à incarner les attentes et à représenter les intérêts de la collectivité de travail.

 

Yves Pinaud

Newsletter n°4 - Janvier 2010

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