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Halte au harcèlement textuel

 

J’ai entendu un jour le philosophe Samuel Rouvillois, énoncer lors d’un colloque : « les nouvelles technologies de l’information, au prétexte qu’elles permettent d’être là où on n’est pas, peuvent devenir le meilleur moyen de ne pas être là où on est ».

 

J’y repense, notamment chaque fois qu’au restaurant, je vois des gens qui se sont donnés rendez-vous pour partager la même table et passent les trois quarts du repas, chacun sur son téléphone portable, à régler des problèmes dont on imagine donc que leur résolution ne pouvait supporter d’attendre la fin du déjeuner.

Il reste que le téléphone (pour l’instant et sauf conférence téléphonique), assure principalement le contact avec un interlocuteur à la fois et ne permet donc pas de mettre instantanément dans la boucle les 43 personnes ayant un lien direct ou indirect avec l’affaire traitée, l’information à connaître ou la décision à prendre.

Mais dès le retour au bureau, cette lacune est réparable grâce au mail qui peut alors faire de vous et pour chacun de vos interlocuteurs potentiels, l’auteur d’un des 152 messages quotidiens (avec pièces jointes, tant qu’à faire) qui leur occuperont un quart de leur journée à prendre connaissance d’une information qu’ils oublieront dans la minute (le temps de traiter le mail suivant) parce qu’ils le savaient déjà et/ou que ça ne les intéresse pas et/ou qu’ils ne peuvent rien en faire et dont ils se dépêcheront de la patatechauder (pardon, de la « forwarder ») sur 12 autres victimes innocentes : comme ça, même pas pour se venger, mais juste pour être à l’abri de tout reproche comportemental concernant leur aptitude à la communication, la transparence et la transversalité à tendance matricielle.

Caricature, exagération ? N’est-ce pas plutôt, sur un ton que je confesse un peu moqueur, le quotidien de beaucoup trop d’entre vous, chers lecteurs, qui sévissaient et subissaient autour de ces pratiques dans les grandes organisations ?

De quoi tout cela est-il le reflet ? Et surtout, comment se soigne-t-on, et ce faisant, soigne-t-on les autres ?

De quoi est-ce le reflet me paraît assez clair : de l’incapacité récurrente du management et des organisations du travail à ne pas se laisser instrumentaliser par les outils sensés au départ être à leur service. Comment se soigne-t-on ? Par la manière forte, par une grève du mail, concertée, solidaire, immédiate et illimitée, seul moyen de déclencher une réaction en chaine, contraignant management et organisation, par la prise de conscience des dérives, à (ré)tablir :

  • Des processus clairs, sur les modes de prescription, les circuits d’information, les processus de décision et de contrôle, pour déterminer qui doit communiquer quoi, à qui et pourquoi, à partir d’une clarification des champs de compétences et des niveaux de responsabilités,

  • Les procédures les plus adaptées (par mail, par téléphone, à pieds, à cheval ou en voiture) pour les mettre en œuvre.

Tout ça pour redonner sa place au management, et pour que les outils, quelles que soient par ailleurs leurs formidables potentialités, ne deviennent plus, au prétexte qu’ils permettent de mieux manager, le meilleur moyen de s’en dédouaner.

 

 

Yves Pinaud

Newsletter n°18 - Avril 2011

 

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