Innovation sociale et développement économique de l'entreprise


Logo IDée Consultants
banniere

Imprimer l'article image imprimante

La France a un problème avec le dialogue social

 

C’est un héritage culturel, nous explique-t-on. Des siècles d’histoire depuis Louis XIV, les jacobins, Napoléon Ier, de Gaulle, ont construit un Etat fort et très présent. Ceci implique des individus et des groupes sociaux habitués à une régulation étatique et à des transferts sociaux très importants. L’Etat français produit des règles sur tout et on attend de lui qu’il produise de la justice et de l’égalité.

Ceci, sans tout expliquer, n’est pas faux, mais une fois passé le temps du constat, il faut se demander comment en sortir et là on est confronté au problème de l’œuf et de la poule.

 

L’Etat pourrait se retirer, mais pour cela il faudrait qu’il existe des acteurs responsables qui n’ont de chance d’exister que si l’Etat cesse de couvrir les conséquences de leur irresponsabilité.
Je te tiens, tu me tiens par la barbichette…

 

De réels progrès

Le constat ne doit pas non plus dissimuler des progrès réels : les grandes organisations syndicales ont montré, au moins au niveau de leurs instances dirigeantes, beaucoup de sens des responsabilités et ont beaucoup évolué. Mais elles sont d’une part, contestées en interne par certaines fractions et surtout, challengées par de nouveaux acteurs syndicaux et non syndicaux reprenant les antiennes délaissées.

Ce constat global s’observe aussi, souvent, au niveau de l’entreprise. Toutefois, deux messages peuvent intéresser les patrons qui voudraient voir progresser le dialogue social dans leur entreprise.

 

Si on n’a pas de visibilité sur l’avenir, on ne peut que s’accrocher au passé

Il ne faut pas s’étonner que le discours sur le maintien des avantages acquis soit encore porteur, et ce malgré l’évidence de la permanence du changement. Et il en est particulièrement ainsi, lorsque les salariés n’ont pas, premièrement de l’information sur les mutations en cours et à venir mais et surtout, sur la stratégie définie pour s’y adapter.

Or quand on s’intéresse au contenu des informations données par les chefs d’entreprises aux représentants de leurs salariés, on est forcé de constater une carence considérable de ce point de vue. Les informations les plus conséquentes ne sont livrées qu’au pied du mur à l’occasion de la mise en œuvre d’un PSE, corsetées dans un formalisme juridique contraignant et rédigées dans le but d’expliquer des suppressions d’emploi et non pas de développer le projet d’entreprise qui reste, lui, timidement évoqué. La plupart des présidents de CE agissent comme s’ils considéraient qu’une réunion de CE n’est qu’un exercice obligé consistant à éviter, autant que faire se peut, les chausses trappes des procédures de consultations, les délits d’entrave, ainsi que d’éluder des demandes d’expertise, des droits d’alertes et autres joyeusetés.

 

Le CE est un lieu de partage et un lieu partagé

Peu de Présidents de comités d’entreprise pratiquent cette instance avec la certitude que le CE n’est pas un endroit où la représentation du personnel a le droit de soumettre le représentant de l’employeur à ses questions, mais un lieu où doivent s’échanger des informations et se nouer un dialogue sur l’entreprise et son personnel.

Le CE n’appartient ni à la représentation du personnel ni au chef d’entreprise, il est un lieu de rencontre, un lieu partagé.

Ces deux points sont à la fois peu et beaucoup de chose. Question de posture et de convictions… À maintenir à long terme mais ça vaut le coup !


Gilles Karpman

Newsletter n°25 - Janvier 2012

 

Pour réagir bulle pour réagir

Partager

 

puce Accès  puce Mentions légales  puce Partenaires  puce Contact  puce Plan du site
 

Copyright © 2017
IDée Consultants

twiter L'équipe d'IDée Consultants, cabinet de conseil en Ressources Humaines et Relations Sociales accompagne en conseil et formation, les entreprises pour leur développement économique et social.