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Le changement, ce n’est pas pour maintenant

 

Le nombre de dimanche supplémentaires qu’il deviendrait possible de travailler, si la loi dite “Macron” était promulguée en l’état, correspondrait à 13 % du nombre de dimanches dans l’année

 

Cette évolution correspondrait à 7 dimanches de plus (de 5 aujourd’hui à 12 dans le projet de loi) sur les 52 que compte l’année. Est-elle souhaitable, pour la vie au travail, pour la vie personnelle et pour nos modes de consommation ? C’est un vrai débat. Mais est-ce vraiment une révolution qui remettrait en cause notre modèle social et en liquiderait les derniers acquis et contre laquelle il est donc important que tous les progressistes s’élèvent pour barrer la route à la déviance ultra libérale à laquelle s’abandonnent nos gouvernants ?

En réalité, cette affaire du travail du dimanche, sur laquelle nous ne prétendrons pas avoir nous même, si j’ose dire, une religion bien arrêtée, quant à sa pertinence, aussi bien économique que sociale, illustre en revanche, le drôle de rapport au changement qui lui n’a pas changé, dans notre beau pays, depuis l’époque où Papy Edgar, qui était trop Faure, disait « L’immobilisme est en marche et rien ne saura l’arrêter ».
On voit bien comment ce débat est faussé, avec notamment les justifications autour du seul repos « dominical ». Sauf à démontrer qu’on se repose physiologiquement mieux le dimanche qu’un autre jour, la question n’est d’évidence pas là. Si l’exigence d’un repos hebdomadaire reste importante, elle est dans le maintien d’une journée entière, au minimum, après six jours de travail.

En revanche, la vraie question est celle des rythmes sociaux et du vivre ensemble avec lesquels doivent se concilier les contraintes de l’économie et du travail. Parce qu’on travaille pour vivre et non l’inverse, il est important de privilégier le maintien d’une même journée « de droit commun » pour le plus grand nombre, qui répond sans conteste à un besoin de socialisation et d’équilibre de vie professionnelle et vie personnelle. Que le nirvana de l’épanouissement culturel soit devenu pour beaucoup de pouvoir courir les galeries marchandes le dimanche ne doit pas en faire une valeur sociétale plus forte que le droit de pouvoir rester entre amis ou en famille à la maison ou d’aller promener en forêt, tant qu’il y en a.

Pour autant, beaucoup de professions, des spectacles à la restauration en passant par le petit et pourquoi pas le grand commerce, ont vocation à plutôt proposer leurs services quand les autres sont disponibles pour en profiter et les salariés qui postulent à ces emplois ne peuvent pas prétendre le découvrir a posteriori. Plutôt que de s’étriper sur des règles en les érigeant en dogme pour ou contre le travail du dimanche, on gagnerait donc à reposer les principes évoqués ci-dessus sur les équilibres entre vie personnelle et vie professionnelle.

Et pour ne laisser aucune chance de côté, on pourrait même demander à d’autres habitués du travail du dimanche, d’invoquer lors d’une prochaine séance et directement auprès du fondateur du repos dominical, que soit pour une foi(s) gagné, le pari de la négociation. Un pari qui vaut bien une messe.

 

Yves Pinaud

Newsletter n°46 - Janvier 2015

 

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