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Le CPF : Une usine à gaz pour effet de serre (à pas grand chose)

 

Le CPF (Compte Personnel de Formation) a franchi sa première année d'existence au 1er janvier 2016 et personne n'a eu l'idée de lui souhaiter son anniversaire ni ne s'est encore moins risqué à faire son premier bilan. Est-ce parce qu'il serait aussi kafkaïen à faire que l'est le dispositif lui-même ? Ou parce que tout le monde s'en fout ? Les deux raisons pouvant d'ailleurs être liées ? Faut dire qu'à l'heure où le réchauffement de la planète fait peur à tout le monde, était-il bien raisonnable de rajouter un tel dispositif, qui met la tête en fusion de tous les acteurs qui s'en approchent, responsables formation compris ?

 

Le CPF, en remplaçant au début 2015 le feu et (déjà) regretté DIF, partait pourtant de quelques bonnes intentions : un attachement encore plus marqué à la personne et non au seul salarié, visant une transférabilité totale et tout au long de la vie.

Pour le reste, toute sa construction et ses possibilités de mise en œuvre reposent sur un principe clair : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué et pourquoi rendre compréhensible au profane (occasionnellement le bénéficiaire potentiel) ce qu'on peut laisser à la seule portée des experts ?

Sachant que cette fois, le CPF fait encore plus fort et que même les pros de la formation y perdent leur latin (qu'ils ne pourront d'ailleurs pas retrouver grâce à leur propre CPF, cette formation n'étant dans aucune liste, enfin, de ce que j'ai compris).

 

Donc, en gros, le CPF, ça fonctionne comment ?

Il y a des formations qui peuvent être faites sur le temps de travail et d'autres en dehors. Pour la première catégorie, certaines doivent passer par l'accord de l'employeur, soit uniquement sur les dates de départ en formation soit sur ce calendrier et sur la formation elle-même, vous me suivez ?

Hormis les formations pour l'acquisition de socle de compétences, les accompagnements à la Validation des Acquis de l'Expérience (VAE) et la mobilisation de l’abondement correctif, les formations éligibles sont nécessairement inscrites sur une liste nationale, régionale ou de branche et doivent permettre d'acquérir une certification enregistrée au RNCP, une qualification figurant sur l’« inventaire » ou un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP). 

 

Les détenteurs de CPF, sous réserve qu'ils aient activé leur compte personnel, acquièrent 24 heures de droit par an pendant 5 ans, puis 12 heures par an pendant 2,5 ans, plafonnées, hors abondement, à 150 heures (le DIF, c'était 20 h par an, plafonné à 120 : beaucoup trop simple, certains avaient même fini par s'en rappeler).

 

Le CPF ne devrait pas vivre très longtemps en l'état, faute d'être davantage utilisé par les salariés que le DIF ou de mieux répondre à ses ambitions, c'est en tout cas le pari que nous faisons. Par quoi sera-t-il remplacé et surtout parviendra-t-on encore à faire plus compliqué ?

Depuis quasiment les premières lois sur la formation qui datent de 1971, on constate et regrette le manque d'appétence des salariés, notamment ceux qui sont les moins équipés à la sortie de leur formation initiale, pour se saisir de cette « deuxième chance » que peut représenter pour eux la formation continue, « tout au long de la vie ». Mais fait-on bien tout pour la rendre lisible et attractive ?

 

Yves Pinaud

Newsletter n°58 - Avril 2016

 

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