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IDEE CONSULTANTS
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L'EDITO

Yves PinaudLa machine à café, régulateur du travail. What else ?

On commence à davantage prendre conscience, dans les entreprises, de l'importance du rôle du « non prescrit », de l'informel, basé sur le relationnel et qui, au-delà ou parfois malgré ce qui est prescrit, assure les ajustements, les adaptations indispensables pour que le prescrit se réalise.

On le perçoit d'autant mieux que les nouvelles organisations ne l'intègrent pas dans leur réflexion, leur conception, voire visent à en limiter le rôle, perçu à tort comme perte de temps voire source de déviance.

Bien sûr que l'informel peut avoir aussi ses mauvaises raisons, correspondre à des contournements ou des zones de confort, mais sa non reconnaissance est surtout une étape supplémentaire de ce qui est vécu comme la négation de la dimension humaine du travail.

Les processus qui visent à garantir la pertinence du contenu et de la circulation des informations, source des décisions et des actions, sont de plus en plus confiés aux machines (les ERP) ou aux systèmes humains transformés en machine (les plateformes, les centres de services partagés).

Il est censé en résulter une fiabilité supérieure aux fonctionnements non suffisamment rationnels des interactions entre les personnes à profils, intérêts et/ou compétences diverses, mais le résultat n'est souvent pas au rendez-vous faute de savoir trouver le bon équilibre entre les deux.

Le problème des fonctionnements qui privilégient trop la régulation par l'humain, c'est de ne pas pouvoir suffisamment contrôler, encadrer et reproduire les pratiques attendues : « Ca marche mais personne ne sait pourquoi ». Ce qui est confié au processus, à l'outil rassure notamment parce que parfois « ça ne marche pas mais quelqu'un sait pourquoi ».

Trop de pilotage, de processus outillés contraignants, parfois loin des réalités du « travail réel », et surtout aveugle et sourd à la prise d'initiative, à l'expression de son expérience et de sa compétence, au besoin de réalisation de soi et de plaisir au travail, peut conduire au fâcheux amalgame entre les deux : « Plus rien ne marche et personne ne sait pourquoi » …

On est bien sûr au cœur de la question des écarts entre travail « prescrit » et travail « réel » qui occupe surtout les ergonomes, notamment pour en mesurer les effets sur la qualité de vie au travail voire les risques psychosociaux. Mais le management gagnerait aussi à se saisir de cette question qui touche tout autant à l'efficacité et à la performance qu'à la qualité de vie au travail, et ce justement parce que la seconde est un facteur important des deux premiers.

La rationalisation des processus, qui vise à gagner notamment en efficacité et en productivité en outillant, en centralisant, en mutualisant tout ce qui peut l'être est une chimère lorsqu'elle est poussée au-delà de ce qui donne du sens à une entreprise, parce qu'on ne peut pas durablement espérer d'un espace humain appauvri qu'il soit un lieu de création de richesses.

Yves Pinaud

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L'IDée du mois
Subordination et coopération

Dans un édito d'un numéro précédent (« Vive l'entreprise libérée. De quoi, au fait ? » newsletter IDée n°58 Avril 2016), Yves Pinaud discutait le concept d'entreprise libérée.

Le sujet mérite selon nous d'être encore développé, ce que nous allons tenter dans cet article.

Le management annonce effectivement aujourd'hui qu'il faudrait libérer les entreprises, mais de quoi faut-il donc les libérer au fait ?
Des petits chefs semble-t-il…

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L'écho des tribunaux
Comment être sûr de se fâcher vraiment ?  
Banalisation du licenciement abusif et de l'abus de la banalisation
L'écho des tribunaux

Prenons pour exemple le débat autour du projet de loi présenté par la Ministre du travail M. EL Khomri, une des dispositions qui a fait le plus polémique était la limitation des indemnités pouvant être touchées par les salariés en cas de licenciement abusif.


Le texte du mois
Le droit du travail est-il responsable du chômage ?
Texte du mois

Les partisans de la loi El Khomri considèrent sans l'ombre d'un doute que la diminution de la protection accordée aux salariés est le sésame pour permettre une baisse du chômage.


Gilles Karpman : Directeur de la Publication - newsletter@ideeconsultants.fr
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