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L'EDITO

Yves PinaudPokémon gogo

La chasse aux Pokémon a envahi le monde et même les frontières de l'entreprise et du temps de travail ne lui ont pas résisté. Ce n'est semble-t-il déjà pas sans poser quelques problèmes ici ou là, à commencer par celui de la sécurité des personnes, mais le phénomène est également intéressant en tant qu'illustration ou paroxysme d'évolutions récentes, des comportements individuels comme de certaines approches collectives.

Sur le plan individuel et dans la continuation de tout ce qu'on a pu dire autour de la génération Y et de ses suivantes, on voit bien que les Pokémon entrent dans l'entreprise et surtout sur le temps de travail, comme l'ont fait avant eux les mp3 et les smartphones : une invention (je n'ai pas dit un progrès) technologique de plus qui permet de gommer les frontières physiques et qui du coup déstructure encore un peu plus « l'espace/temps » vie professionnelle/vie personnelle. Les deux s'invitent mutuellement dans le champ de l'autre, au prétexte de la libération potentielle que représenterait toute chute de « cloisons ». Au prétexte, plus sûrement, que la possibilité d'être ailleurs permet surtout d'échapper à ce qu'on est censé être et faire là où on est.

Sur le plan collectif, ou autrement dit des organisations et du management, la chasse aux Pokémon a des similitudes troublantes avec des évolutions marquantes de ces dernières années, au point de se demander si ce ne sont pas quelques acteurs de l'entreprise qui l'ont inventée, sur leur RTT ou pendant leur temps de travail, allez savoir.

Parmi les pistes qui pourraient le laisser penser :

Comme ces chiens, qui, à la campagne, courent après les roues des voitures sans jamais s'être demandé ce qu'ils pourraient bien en faire s'ils en attrapaient une, voilà qu'on chasse le Pokémon comme une fin en soi : inventer un problème pour montrer sa capacité à le résoudre, c'est à se demander si ce ne sont pas quelques ingénieurs ou responsables qualité qui ont voulu traduire leur quotidien professionnel en jeu universel. Et de même qu'il n'y a pas de problème dont l'absence de solution ne finisse par venir à bout, la chasse au rien peut être un puissant facteur pour combler le vide de sens, de la vie au travail aussi.

Essayer d'attraper quelqu'un qui n'existe pas : c'est à se demander si ce ne sont pas des salariés des entreprises « matricielles » qui l'ont conçu en pensant à leur propre quête d'un manager en capacité de répondre à leurs attentes et/ou de leur fixer des objectifs clairs.

N'oublions pas non plus l'inventeur des open space, grand spécialiste de la dissolution de l'individuel dans un collectif fictif, qui a pu s'inspirer de son œuvre pour avoir l'idée d'un réseau d'individus en compétition dans cette fameuse « réalité augmentée », tellement réelle et tellement augmentée qu'on risque de se rentrer dedans lorsqu'on se croise pour de vrai.

A moins que ce soit finalement un manager qui ait trouvé ça, dans sa recherche d'un hologramme pouvant le remplacer pour conduire ses entretiens annuels d'évaluation.

Mais qu'est-ce qui donc pourra bien redonner du bien-être et du plaisir au travail ? Si ce sont les Pokémon c'est que l'époque est morne.

Bon, allez, c'est pas tout ça mais faut que je vous laisse : Pikachu vient de passer dans le couloir et cette fois je voudrais pas le rater.

Yves Pinaud

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Gilles Karpman : Directeur de la Publication - newsletter@ideeconsultants.fr
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