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IDEE CONSULTANTS
L’actualité des RH, des Relations Sociales et du Management

L'EDITO

Yves PinaudDu tripalium au valium ?

Après avoir beaucoup évoqué la prévention des RPS, on perçoit ces derniers mois une forte évolution vers le développement du bien-être au travail. La motivation première des entreprises à aborder le sujet sous cet angle nous apparaît surtout comme une volonté de « positiver » le sujet, de reprendre l'initiative plutôt que d'être sur la défensive, avec son cortège de craintes voire de sanctions potentielles, pour ses lignes managériales notamment.

Le problème est, comme souvent, qu'il ne suffit pas d'inverser une problématique pour lui donner un contenu et que concernant le bien-être au travail et ses différents leviers, on constate déjà ici ou là la confusion entre un bien-être qui se substituerait au mal-être et des moments de bien-être qui permettraient de mieux supporter les moments de mal-être : En gros, après n'avoir rien changé à la souffrance de la matinée, des séances de yoga sur la pause déjeuner permettraient d'être à nouveau d'attaque pour supporter l'après-midi.

C'est mieux que rien mais c'est moins bien que de chercher à rendre les organisations moins schizophrènes qu'elles ne le sont actuellement et moins bien que de chercher à ré-interroger davantage le contenu du travail lui-même.

Si le progrès technique et notamment les technologies numériques ont pu mettre fin ou faciliter des travaux pénibles ou à faible valorisation, ils ont aussi fait « remonter d'un cran » les savoir-faire, désormais davantage intégrés dans les outils et les processus, réduisant leurs utilisateurs à de simples opérateurs, beaucoup plus interchangeables et sans besoin d'un même professionnalisme « différenciant ». Quand des savoir-faire spécifiques deviennent inutiles, les « gestes métiers », qu'il s'agisse d'activités manuelles ou plus cérébrales, se perdent aussi et avec eux la fierté et le sentiment d'appartenance à une communauté de « pros ».

Si des chaudronniers ont sué des siècles pour donner des formes à des plaques de métal, battage et martelage étaient les deux mamelles d'une identité professionnelle se confondant avec leur propre personne, même lorsqu'ils mettaient ces compétences au service du projet d'un employeur. Si leur employeur a pu depuis, en augmentant sa productivité, limiter aussi leur pénibilité, il les a également démunis de leur véritable valeur ajoutée et il est plus difficile de partager une finalité quand on n'y retrouve pas soi-même sa propre raison d'être. C'est encore plus flagrant dans les activités de plus en plus instrumentalisées dans lesquelles l'agilité d'un « geek » vaut mieux que les 30 ans d'expérience des anciens.

Quand ce n'est plus au pied du mur qu'on voit le maçon, réduit au rôle de presse bouton d'un logiciel devenu bâtisseur à sa place, ce n'est pas à la salle de sport entre midi et deux qu'on peut espérer le voir retrouver son identité perdue. Il vient seulement y chercher un palliatif et les RPS le guettent, même sur la table de massage.

 

Yves Pinaud

Le droit à la déconnexion
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L'IDée du mois
Connexion et déconnexion

L'émergence récente d'un droit à la déconnexion (droit pour le salarié de ne pas être connecté à un outil numérique professionnel pendant son temps de repos et ses congés.) est certainement intéressante mais telle qu'elle a été relayée dans la presse, y compris professionnelle, le risque est grand de faire prendre un mauvais départ à la réflexion sur la prévention des risques liés au travail connecté.

L'objet de la prévention est de trouver les moyens de permettre un usage raisonné des technologies utilisées afin d'en recueillir les bénéfices professionnels et personnels sans porter atteinte à la santé des salariés.

A commencer par parler du Droit à la déconnexion, on part en effet d'une mesure de prévention déterminée sans avoir analysé de façon globale la situation de travail, on va dans l'urgence à la solution au risque de jeter le bébé avec l'eau du bain.

Toute démarche de prévention se doit de débuter par une analyse du travail, de ses enjeux, de ses contraintes afin de permettre une identification et une évaluation des risques qui seules permettront de déterminer les mesures de prévention adéquates.

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L'écho des tribunaux
L'employeur est autorisé à réaliser des tests salivaires de dépistage de drogue
L'écho des tribunaux

Dans un arrêt du 5 décembre 2016, le Conseil d'Etat (CE 5-12-2016 n°394178) reconnaît pour la première fois la possibilité pour l'employeur de faire lui-même des tests de dépistage de l'utilisation de stupéfiants. Auparavant, il fallait que ce soit un médecin et uniquement dans un objectif de préservation de la sécurité.


Le texte du mois
Nouvelles règles pour la surveillance médicale des salariés : vers une intervention du médecin du travail plus sélective mais plus efficace ?
Texte du mois

L'évolution de la règlementation concernant la surveillance médicale des salariés semble porteuse d'une contradiction apparente : d'un côté la prise en compte de la santé au travail et son corollaire juridique « l'obligation de sécurité de résultat » ne cesse de se renforcer dans les relations individuelles et collectives de travail (voir notre article « Un refus de mutation peut être justifié par le droit au repos et à la santé du salarié ») et de l'autre, chaque réforme de la médecine du travail semble assouplir les conditions dans lesquelles la santé des salariés est suivie par les services de santé au travail. Une nouvelle illustration de ce mouvement nous est donnée avec la loi Travail du 8 août 2016 qui a profondément remanié le suivi médical des salariés.

S'agit-il uniquement de remédier à la pénurie de médecins du travail en allégeant les obligations de l'employeur ? Ne peut-on pas voir derrière ces évolutions un meilleur ciblage du rôle du service de santé et, notamment, du médecin vers les postes à risque et l'intervention en milieu de travail ?


Gilles Karpman : Directeur de la Publication - newsletter@ideeconsultants.fr
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