Innovation sociale et développement économique de l'entreprise


Logo IDée Consultants
banniere

Imprimer l'article image imprimante

Le syndicalisme est mort, vive la défense des salariés

 

L'idéologie patronale française s'est largement construite à partir de la Révolution, sur l'autel de l'abolition des privilèges et en conséquence d'une certaine sacralisation, non seulement de la liberté d'entreprendre, mais aussi de la reconnaissance de sa contribution à l'intérêt collectif. Cette contribution passant par la prise de risque, les résultats produits, comme la valeur qui en résulte pour l'entreprise, n'ont donc pas à être partagés avec ceux qui n'ont pas partagé le risque. Dit autrement, la contribution des salariés est soldée par le versement du salaire. Point.

 

L'idéologie syndicale s'est construite de manière quelque peu différente : considérant que la valeur de la production et en conséquence celle de l'entreprise résultent de la combinatoire entre le capital et le travail, que le premier puisse prétendre que les gains générés par les deux lui reviennent au titre d'un droit de propriété est une imposture, spoliant les travailleurs de la part de valeur ajoutée qu'ils ont produite.

Si ces deux approches resteront sur le fond aussi irréconciliables que durera l'existence du rapport au travail par le biais du salariat, elles ont été largement atténuées, en particulier depuis la Libération, par la manière dont le salariat a finalement pu profiter d'acquis sociaux, soit relevant d'une volonté politique (l'intéressement, la participation), soit de la négociation entre « partenaires sociaux » (congés payés, assurance chômage, classification, mutuelles, etc). Pour autant et concernant le progrès social généré par ces « négociations », il serait de mauvaise foi de prétendre qu'il n'a pas le plus souvent, voire exclusivement, résulté de la pression des luttes syndicales et non d'un souci de partage patronal.

Il faut donc, avant de pourfendre quoique ce soit, rendre au syndicalisme français ce qui lui revient dans l'amélioration de la vie des salariés et donc des français.

Alors pourquoi se meurt-il ? Parce que tous les problèmes et tensions seraient enfin apaisés ? Que son rôle serait devenu inutile, sinon dans la lutte, au moins dans la recherche des équilibres et compromis entre les intérêts des actionnaires et ceux des salariés ?

Non, Il se meurt comme les dinosaures d'avoir pris trop de comètes sur la tête, dont la défaite des modèles socialistes ou la mondialisation de l'économie, sans re-questionner pour autant, ni sa doctrine, ni ses postures.

Les révolutionnaires veulent toujours faire obstruction aux patrons à défaut de pouvoir les renverser et les réformistes leur expliquer ce qu'il faut faire à défaut de pouvoir co-gérer avec eux.

Mais qu'il soit encore révolutionnaire ou qu'il soit réformiste, le syndicalisme français a maintenu une doctrine de transformation politique de la société et en même temps, malgré les réalités de la mondialisation, ses postures de maintien des acquis. Contradiction fatale : vouloir transformer en se battant pour que rien ne change ne donne plus spontanément une grande lisibilité des postures et des actions conduites et même plutôt l'impression qu'il est lui-même tiraillé par la question joliment chantée par Renaud : « C'est quand qu'on va où ? »

La réforme de 2008 pouvait laisser entrevoir l'arrivée de nouveaux acteurs, obligeant les anciens à bouger. Dix ans après : à l'ouest rien de nouveau.

Le besoin est pourtant toujours là : le monde est en crise et le social ne manque pas de thèmes. Mais pour le syndicalisme bien chez nous, j'ai peur que l'heure soit plutôt aux crises en thèmes et que les nouvelles approches de représentation et de défense des intérêts des salariés ne pourront apparaître que lorsque les anciennes auront fait place nette. Elles y travaillent.

 

 

Yves Pinaud

Newsletter n°71 - Octobre 17

 

Pour réagir bulle pour réagir

 

puce Accès  puce Mentions légales  puce Partenaires  puce Contact  puce Plan du site
 

Copyright © 2017
IDée Consultants

twiter L'équipe d'IDée Consultants, cabinet de conseil en Ressources Humaines et Relations Sociales accompagne en conseil et formation, les entreprises pour leur développement économique et social.