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IDEE CONSULTANTS
L’actualité des RH, des Relations Sociales et du Management

L'EDITO

Frédéric PérinA votre bon coeur

Nos lecteurs les plus assidus connaissent désormais notre engouement de départ pour tous les concepts à la mode, qui font fureur dans les colloques et/ou les articles, dans la presse ou en ligne, mais dont on aime bien, quant à nous, titiller un peu la réalité du contenu avant d'en partager (ou non) l'enthousiasme.

Ainsi, après l'entreprise libérée, place au management bienveillant, qui donne lieu depuis quelques temps à une littérature abondante dont le lyrisme se dispute à la capacité d'exploser sans ménagement, ni bienveillance, les portes ouvertes.

Quelle serait donc cette récente découverte ? Qu'un humain au travail reste d'abord un humain et que son bien-être, ou inversement son stress, et donc ses envies et capacités à ou non s'investir, être motivé, être performant, sont liées à la manière dont il est traité et considéré ? Et qu'il faut donc être bienveillant avec les salariés ? Fichtre, En voilà une trouvaille. Heureusement que des médecins, psychologues, penseurs RH et journalistes spécialisés en idées creuses sont venus à la rescousse pour nous faire enfin renoncer à ce que nous prenions depuis si longtemps pour une évidence : Il n'y a que la maltraitance qui vaille pour un tripalium efficace (travail en latin).

Redevenons sérieux : Personne ne pourra espérer gagner le concours Lépine de la pensée managériale avec ça, tellement il est évident que ce n'est même pas un sujet.

Le sujet, en revanche, c'est peut-être enfin que se développe la prise de conscience que dans trop d'entreprises, les organisations sont devenues schizophréniques et que les processus en tout genre ont enfermé managers et managés dans des carcans qui ne laissent plus aucune place à la véritable gestion de l'humain. Quand plus personne ne sait réellement ni de quoi ni à qui il aura véritablement à répondre, dans une course aux échalotes et aux objectifs qui se succèdent et s'empilent sans que personne n'en garantisse les moyens, quand les leviers de la contribution sont devenus presqu'aussi illisibles que ceux qui en seraient les modalités de sa reconnaissance, alors ce n'est plus le tripalium, c'est le délirium, et pas très mince.

Parce que si le management est rarement malveillant, en tout cas volontairement, il brille surtout de plus en plus par son absence, voire son renoncement, devant les difficultés à prendre corps dans les nouvelles formes de travail : le cadrage des missions et donc leur évaluation et leur reconnaissance, se perdent dans le flou des organisations matricielles. Les sources de confort et de réalisation de soi que doivent être les cadres de délégations et les espaces d'autonomie, se perdent dans le dédale des relations transverses. L'écoute et le soutien managérial se perdent dans la réunionite en cascade et le reporting plus surveillant que bienveillant. Les outils et modalités de communication censés ouvrir à une ubiquité dans le temps et l'espace servent surtout à s'extraire et se dédouaner du lieu et de l'instant présent et la stimulation et le bien-être se perdent dans les injonctions paradoxales, l'opacité des stratégies, les craintes sur l'avenir et la solitude des grands espaces ouverts.

Alors arrêtons ces concepts bien-pensants et surtout bien pratiques, emplâtres sur une langue de bois, pour accepter plutôt de re-questionner les erreurs industrialisées qui, têtues comme ceux qui les ont mises en place, nuisent quotidiennement à la qualité de vie au travail.

Yves Pinaud

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L'IDée du mois
Parce que mieux vaut prévenir que guérir

Beaucoup de managers ne comprennent pas vraiment ce qu'on attend d'eux et pourquoi, en matière de prévention du harcèlement sexuel et du sexisme au travail. Il est donc important de leur rappeler dans quel contexte s'exerce leur responsabilité.

Le droit appelle ça une situation de « subordination » ou encore de « dépendance économique ». En langage courant, ça veut dire quoi : qu'une personne qui se lève le matin pour se rendre à son travail plutôt que de faire autre chose, le fait d'abord parce qu'il en a besoin et qu'il ou elle s'y est engagé. Ce qui bien sûr n'enlève rien ni à l'intérêt ni au plaisir qu'il ou qu'elle peut bien évidemment y prendre.

Il est donc a priori considéré que cette personne aura ou s'octroiera une moindre liberté d'évoquer ce qui la met mal à l'aise ou même lui déplait franchement, y compris dans l'attitude des personnes qui l'entourent (hiérarchiques ou non) qu'elle s'autoriserait à le faire dans sa vie « personnelle ».

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L'écho des tribunaux
Quoi de neuf dans la jurisprudence en matière disciplinaire ?
L'écho des tribunaux

Incapables de choisir parmi trois décisions différentes laquelle serait la plus intéressante à vous présenter, il nous est apparu qu'elles traitaient toutes d'une même problématique : l'équilibre délicat entre les droits et les devoirs d'un salarié et de son employeur dans le cadre de l'exécution de son contrat de travail. Le sujet est immense (n'est-ce pas l'objet du droit du travail ?), nous vous proposons ce mois-ci de l'explorer modestement à travers l'analyse de trois arrêts récents.


Le texte du mois
Ne dites pas à mon patron que j'ai des droits, il me croit salarié !
Texte du mois

A propos de la bienveillance patronale et du droit du travail

Nous vivons une période de sérieuse remise en cause du droit du travail.
Au-delà des circonstances politiques, ce qui induit cette remise en cause, ce sont avant tout de profonds changements dans l'organisation du travail, dans les rapports au travail, changements issus eux-mêmes d'évolutions technologiques de plus en plus rapides.


Gilles Karpman : Directeur de la Publication - newsletter@ideeconsultants.fr
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