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72 h par semaine, un point Tsé Toung

 

9/9/6 : c'est le temps de travail en Chine, dans de nombreuses entreprises high tech, comme Huawei ou Alibaba, pour les développeurs de logiciels et d'applications.

 

9/9/6 veut dire de 9h à 21h, pendant 6 jours, ce qui fait un horaire hebdomadaire de 72 heures par semaine (au regard d'une durée « légale » de 44 h) mais considéré par les patrons de ces entreprises comme l'indispensable condition pour garantir la victoire de la Chine, dans la compétition effrénée, notamment avec les USA, de la révolution numérique.

Au vu de la dégradation de la santé d'un grand nombre d'entre eux, beaucoup de développeurs commencent néanmoins à se rebeller et à s'organiser, pour que de tels rythmes soient limités à des besoins d'efforts ponctuels, notamment au démarrage d'une entreprise, mais ne deviennent pas la norme.

Ainsi, alors que les ouvriers de production sont semble-t-il davantage protégés dans les usines par les 44 h légales, ce sont les travailleurs dédiés à la technologie dont les temps de travail explosent.

Ironie du sort : la technologie n'est-elle pas au départ, comme tous les outils que l'homme s'est inventé depuis que le travail existe, un facteur de gain de temps ? De réduction de pénibilité ? Sauf pour ceux qui doivent la concevoir, manifestement. Je ne sais pas si Marx avait pensé à théoriser ça. Ou alors, Groucho, peut-être.

Difficile de savoir si les développeurs chinois obtiendront gain de cause et si ce n'est pas le cas, si un tel temps de travail assurera à la Chine une vraie différence compétitive avec le reste du monde et notamment notre vieux continent. Parce que si c'est cette deuxième hypothèse qui l'emporte et même si nos 35 heures sont déjà largement remises en cause, je sens moyennement la possibilité chez nous, de légiférer et/ou de négocier un temps de travail à 72 h/semaine, même si la compétition l'exige. Mais peut-être que je chinoise.

En fait, je serais plutôt favorable à ce que chez nous, on puisse, quand c'est nécessaire, davantage re-questionner le sens du travail et en conséquence sa durée, sans tabou mais sans perdre le sens des choses et notamment celui de la vie, avec les équilibres les plus pertinents à trouver pour chacun entre vie personnelle et vie professionnelle.

Quitte à perdre quelques parts de marchés vis-à-vis de pays plus enclins que nous à se lancer dans les longues marches (sur la tête). La révolution numérique fera-t-elle autant de morts que la révolution culturelle ? Tais-toi et code.

 

Yves Pinaud

Newsletter n°81 - Mai 19

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