La loi du 20 août 2008
Gilles KARPMAN


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Modification du dialogue social dans les entreprises par la loi du 20 août 2008

 

Photo Gilles KARPMAN Gilles KARPMAN, Directeur Général, interviewé par Dominique LE ROUX d'Actuel RH :

 

Pour Gilles Karpman, directeur général d'Idée consultants, la loi du 20 août va modifier la pratique du dialogue social dans les entreprises. Il invite les DRH à mieux former leurs représentants du personnel afin d’avoir, en face d'eux, des interlocuteurs réellement représentatifs des salariés.

 

Vous proposez aux DRH de former leurs représentants du personnel. N'est-ce pas incongru pour ces derniers ?

Nous défendons effectivement l'idée que les entreprises ont tout intérêt à former les représentants du personnel pour avoir en face d'eux des interlocuteurs crédibles avec lesquels négocier. Nous proposons donc depuis plusieurs années aux entreprises de former leurs interlocuteurs syndicaux. Ces derniers sont d'ailleurs souvent les premiers surpris. Pour eux, nous sommes au démarrage suspects car mandatés par la direction.



Quel est l'intérêt d'une telle démarche ?

L'intérêt pour le DRH est d'avoir en face de lui un interlocuteur crédible, à même de faire valoir des revendications et d'être à même d'accepter un compromis, de s'engager. Il existe un jeu pervers aujourd'hui dans les entreprises qui cherchent souvent à avoir en face d'elles un interlocuteur "constructif ", c'est-à-dire, parlons franc, qui est peu revendicatif et peu gênant. Or la loi du 20 août 2008 rompt avec cela. Désormais, les entreprises vont devoir avoir en face d'eux des interlocuteurs représentatifs à même d'engager les salariés. Or ce sont les salariés qui vont choisir désormais, lors des élections professionnelles, leurs représentants. Or ils voteront pour ceux qui les représentent le mieux et non pas pour ceux que l'employeur juge le plus constructif.



La loi du 20 août modifie-t-elle la façon de négocier ?

Oui. Cette loi change complètement la donne. Tout d'abord, les DRH vont devoir informer les salariés de l'intérêt pour eux d'aller voter au premier tour des élections. Car leur vote déterminera l'échiquier syndical des 4 prochaines années. Ensuite, les DRH vont devoir tracer leur cartographie syndicale : qui représente quoi ? Quelles sont les voies de passage pour que les syndicats signataires représentent les 30 % d'audience qu'exige dorénavant la loi pour qu'un accord collectif soit valide ? Cela va impliquer concrètement que les DRH envisagent différents rapprochements et combinaisons pour atteindre les 30 %. Ils vont devoir chercher un compromis, c'est-à-dire reconnaître la légitimité des intérêts de l’autre.



Et pour les syndicats, que change la loi ?

Les gros syndicats devront prendre leur responsabilité s'ils veulent que l'accord s'applique dans l'entreprise. Le syndicat majoritaire ne pourra plus continuer à ne pas signer et compter sur la signature d'un petit syndicat pour que l'accord entre en vigueur. L'autre incidence, cruciale pour les syndicats, est que leurs délégués syndicaux remettent en jeu leur mandat lors de chaque élection professionnelle. J'observe, dans certaines entreprises, que des délégués craignent justement de ne pas atteindre les 10 % et préfèrent démissionner ou ne pas se représenter.

 

 

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